YOU! And You only avec Jon Rabaud

Jon, c’est la passion du cinéma qui t’a conduit à la cinématographie. Mais comment cette passion du cinéma t’est-elle venue ; quel a été, pour toi, l'élément déclencheur? J’ai des parents très cinéphiles. J’ai donc grandi avec une exposition constante au cinéma, aux commentaires autour du choix d’un film, les raisons de l’apprécier ou pas, des points de vue exprimés sur le scénario, l’interprétation... Ce qui fait que j’ai développé une sensibilité à tout ce qui crée l’univers des films. C’est tout cela qui a nourri ma passion pour le cinéma et suscité mon intérêt pour la création cinématographique elle-même. Et, en grandissant, quels sont les films qui t'ont inspiré? Ils sont nombreux ! Mais si je dois identifier ceux qui m’ont le plus touché et interpellé étant enfant, je dirai que ce sont définitivement les classiques de Walt Disney. Plus tard, il y a eu des films plus sombres comme Les Oiseaux et d’autres films de Hitchcock ; les films de Clint Eastwood, Scorsese, Spielberg. Parle-nous de ton aventure au Canada...

J’ai eu la chance de pouvoir suivre des cours à Montréal. Après avoir terminé, je me suis lancé dans la production de mon premier court métrage. Justement, parle-nous de ton premier court métrage – « Cold Blooded ». C’est un triller policier de 20 minutes, qui raconte l’enquête sur la mort d’une jeune femme dont le corps a été retrouvé chez elle. L’élément qui vient corser l’affaire c’est que la femme avait, étrangement, pour animal de compagnie un python de 2 mètres. Une fois « Cold Blooded » complété, quel a été ton sentiment?

Lorsque j’ai visionné le film complété pour la première fois, j’ai ressenti avant tout un soulagement ! - Parce que ça avait été vraiment éprouvant de conduire le projet à sa concrétisation. J’avais aussi la satisfaction d’y être arrivé ... J’étais simplement content ! Mais quelques mois plus tard, lorsque j’ai revu le film, c’était avec un autre regard, du recul, une évaluation plus objective. C’est à ce moment là que j’ai vu les erreurs que j’avais commises pendant le tournage : j’ai identifié où j’aurai pu mieux faire les choses. Ce n’est donc qu’après que j’ai pu analyser la qualité du travail effectué – faire une autocritique en quelque sorte. C’est très important de pouvoir prendre de la distance ;c’est là qu’on apprend et qu’on retient la leçon et c’est ce qui permet de faire moins d’erreurs dans le prochain film. Et donc de progresser en tant que cinéaste.


Comment t’est venue l’idée de ton deuxième court métrage, « La Rencontre » ? C’est parti d’un fait divers que j’ai lu dans les journaux. Il s’agissait de jeunes étudiants qui avaient fait l’école buissonnière. Et comment la mythologie Grecque et l’utilisation de symboles y trouve-t-elles leur place ? La mythologie grecque est un réservoir de symboles qui offrent des pistes et niveaux de lecture intéressants. Intégrés à l’histoire de « La Rencontre », les symboles permettaient aux spectateurs de s’investir dans le film pour les décoder en quelque sorte. Avec les symboles les choses ne sont pas directement dites mais suggérées. Ainsi, chaque spectateur peut avoir sa propre interprétation de l’histoire Au cours de ta carrière de jeune cinéaste, tu as déjà eu l’opportunité d’être présent dans pas mal de festivals – et pas des moindres. Oui, j’apprécie pleinement d’avoir eu ce privilège. Mon premier festival c’était celui de Clermont Ferrand. C’est le plus important et le plus le plus prestigieux des festivals de court métrage au monde. Ensuite il y a eu Cannes ; puis le Festival du Film de La Réunion. Tu le vis comment d’être invité à un festival ? A chaque fois, je ressens la même chose – j’en suis toujours très heureux. Et très fier aussi de compter parmi les invités. C’est pour moi une forme de reconnaissance en soi. On revoit les mêmes acteurs dans la plupart de tes films. Est-ce que ce choix est dû à des raisons précises ? Comme on dit : « on ne change pas une équipe qui fonctionne bien. Pour moi, tant qu’on a la chance d’avoir des acteurs qui ont du talent, il n’y a pas lieu d’en changer. Et chaque occasion est bonne pour travailler avec eux. Tu as créé ta société - Magic Wheel Pictures. Que fait cette société, précisément?

Magic Wheel Pictures est une boite de production.Nous sommes également prestataire de services, par exemple nous collaborons à des tournages ; nous offrons aussi des services de montage. Tes projets pour le reste de cette année - un autre film? Moi, j’ai toujours une idée de film, un scénario en tête. Le prochain projet est toujours déjà là, présent - ça m’habite en permanence, attendant d’être réalisé.

Que faire, de ton point de vue, pour développer le secteur du cinéma à Maurice? Le secret pour avoir un cinéma mauricien c’est... De tourner! Ca a l’air simpliste. Mais l’avenir du cinéma mauricien, il est là – dans le « oser faire ». Tourner, peu importe si on a peu de moyens. Si l’on s’arrête à cela, on ne crée rien. L’important c’est de tourner, faire avec les contraintes et moyens disponibles - c’est de vouloir.

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